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  • Fiona Grignard

Mon parcours: voyages, incompréhensions et choc culturel inversé.

Aujourd'hui, quand j'explique ce qui m'anime dans la vie, comment j'occupe mon temps, mes 3 jobs différents et mon quotidien en général, ça peut laisser penser que j'ai tout sous contrôle. Ca peut aussi laisser penser que depuis le début, j'avais une idée très claire de ce que je faisais, mariant les expériences pour me créer des compétences pertinentes par rapport à mon projet de vie, tout en m'assurant de garder un équilibre avec la petite flamme qui brûle à l'intérieur.

Si tu savais...


Quand j'étais enfant, je rêvais d'être hôtesse de l'air, comme maman. J'ai grandi émerveillée en écoutant toutes ses histoires de voyages, et moi aussi, je voulais cette vie pleine d'aventures et d'excitation. Quand j'étais petite bien sûr, ça ne posait vraiment de problème à personne.

Et puis petit à petit, la vie se passe, et avec elle, les idées préconçues qu'on entend partout, à l'école, à la maison, chez les copains. La pression pour être la meilleure de classe, pour réussir ses études, pour avoir une carrière qui décolle en flèche et un couple stable.


De mon côté, je n'avais qu'une chose en tête: prendre une année de césure, partir après mes études secondaires et aller apprendre l'anglais dans un pays étranger.

Je n'avais non seulement aucune idée des études que je voulais faire, mais surtout j'avais envie de découvrir le monde, et de me découvrir moi-même. Et puis j'avais envie de profiter de la vie.

Alors que tous mes amis visitaient les universités et les cursus d'études supérieures, j'allais au salon du voyage et je dévorais les brochures d'organismes d'échanges linguistiques.

Il m'a fallu me battre énormément pour pouvoir partir. En partie pour convaincre mon père, pour qui le concept était totalement étranger. Mais surtout pour éviter les remarques cinglantes de mes amis, mon petit ami et mes professeurs.

Tout le monde avait un avis sur la question (je me suis rendue compte par la suite que c'est un constat général: tout le monde a toujours un avis sur les choix des autres, peu importe qu'ils s'y connaissent sur le sujet ou non, ou que la décision les affecte ou non). L'idée générale était la suivante: j'allais perdre une année pour rien et quand je reviendrais j'aurais très probablement perdu la capacité d'étudier, d'où le risque de rater une année de plus parce que j'allais échouer ma première année d'université.

Réjouissant.


Je ne sais par quel miracle, j'ai pourtant décidé de suivre mes envies et mon intuition. Ma mère et moi avons organisé un programme d'échange sur mesure. Commencer par un trimestre de Néerlandais dans une université flamande, à quelques heures à peine de chez mes parents, hébergée dans une famille d'accueil. Pas très exotique pour commencer, mais une manière parfaite de devenir plus autonome en douceur, puisque à 18 ans, c'était la première fois que je quittais le cocon familial.


Quelques mois plus tard, je me suis envolée pour Malte. Six mois dans une nouvelle famille d'accueil, dans une nouvelle université à suivre des cours d'anglais intensifs pendant 4h tous les jours et à découvrir la vie le reste du temps.

C'était le début de ma passion pour les voyages, et ça ne s'est jamais arrêté. J'ai passé 6 mois incroyables, qui m'ont permis d'en apprendre plus sur moi-même que les 18 années précédentes. Nouveaux amis, nouvelles expériences, nouvelle moi.

Je suis rentrée en Belgique des souvenirs pleins la tête, en ayant choisi une option d'études qui me plaisait vraiment: la psychologie. Et pour les mauvaises langues, j'ai par la suite brillamment réussi mes études, et je me suis retrouvée en 1è année avec un nombre plutôt surprenant d'étudiants de mon âge, qui avaient de leur côté "perdu une année" en doublant, par manque de préparation, par mauvais choix ou à cause d'une technique de travail non adaptée.

Bref, j'étais plutôt heureuse de mes choix.


Jusque là, le parcours semble plutôt réussi. Jusque là, pas de raison de se sentir réellement "hors du moule".


Cette première expérience en a appelé d'autres, toujours aussi riches et joyeuses: un Erasmus en Italie, un été de langues à Madrid, une summer school en Chine, et bien sûr de nombreux voyages.

Au sortir de mes études, j'ai finalement trouvé un programme "de rêve" dans une entreprise qui en jette: 3 ans de graduate programme, en spécialisation Ressources Humaines, un changement de rôle et de pays tous les ans, en commençant par Madrid.

La première année s'est révélée rêvée comme promis: j'avais un job intéressant, des collègues super sympa, une manager en or, un soutien dès que j'en avais besoin. Je vivais dans ma ville préférée, dans une chouette coloc, j'avais plein d'amis expats et une vie sociale riche, et je profitais de la vie comme jamais. A la fin de cette première année, j'avais 12 jours de congés que je n'avais pas utilisé. Pas parce qu'on ne m'avait pas laissé les prendre, mais parce que je n'en avais pas ressenti le besoin. La vie me souriait.


Amsterdam Canals

Et puis les choses se sont gâtées. Pour ma deuxième année, on m'a envoyée à Amsterdam. La ville en soi, j'étais fan. Le job par contre était pour moi un cauchemar.

J'étais noyée sous une charge de travail innommable, assaillie par des processus lents et inefficaces, le tout dans une routine mortelle et sans aucune créativité. J'ai compris aujourd'hui que, sans le savoir, j'avais été placée dans le type de job qui est pour moi synonyme de mort à petit feu. Pas que le job en soi soit un cauchemar, mais plutôt que c'est un cauchemar pour moi, ma personnalité et mes envies.


Au bout d'un an et demi parsemés d'embuches, de désillusions, de soirées à travailler pour essayer de récupérer la charge de travail, de tentatives infructueuses d'améliorer les choses, de fatigue intense et de perte de joie de vivre accompagnée de larmes trop fréquentes, j'ai eu l'entretien qui m'a servi de choc électrique: Malgré tous mes efforts et ma bonne volonté, mes résultats étaient encore apparemment insuffisants. Au terme d'une discussion pour le moins vide d'humanité avec la directrice du département, ma manager m'a confié son incompréhension et son désaccord face à la manière dont j'étais traitée, et m'a proposé si je le voulais, de me licencier pour que je puisse partir en paix. J'ai accepté avec soulagement mais non sans une grosse déchirure et un sentiment d'échec que je traînerai comme un boulet pendant plusieurs mois.


Et comme si la situation en soi n'avait pas été suffisamment douloureuse, il m'a fallu prendre la décision de la suite: qu'allais-je faire, et surtout, où allais-je aller? La décision pouvait sembler simple pour beaucoup: j'étais en couple depuis quelques temps avec un belge, qui n'attendait que mon retour et notre installation ensemble. J'ai dit oui, j'ai fait mes valises, et je suis retournée vivre dans mon pays.


Et normalement, c'est la que pour beaucoup, l'histoire "redevient simple". Ou pas. Pas du tout.


Le chamboulement était énorme: un job que je quittais prématurément sous forme d'un échec cinglant, une toute nouvelle situation de vie commune, un nouveau lieu de vie à la campagne. Rajoutons à ça une dose d'insécurité face à l'avenir et le sentiment de ne plus savoir vers où aller; je ne respirais pas vraiment la joie de vivre.

Le problème majeur qui a commencé à émerger, c'est que j'étais mal dans ma peau, sans trop savoir pourquoi. Une fois le deuil professionnel réalisé et quelques semaines pour reprendre mon souffle, mon entourage estimait que j'aurais dû me sentir à nouveau fraîche et dispose, déterminée à retrouver un job dans mes cordes, en ressources humaines, dans une grosse boîte internationale. Et puis, vu que j'étais de retour "à la maison", tout devait rentrer dans l'ordre.

Sous la pression générale, j'ai fini par trouver un nouveau boulot.


J'avais 30 ans et tout ce que la société voulait que j'aie: un homme prétendument merveilleux, un job bien payé, une voiture de société, une maison, un chien et un chat, des vacances 2x par an et l'abonnement au country club huppé de la région. J'aurais dû être heureuse. J'étais au plus mal et je m'en sentais coupable.

Je ne me sentais plus chez moi à la maison.

Bizarrement, j'avais beau être "chez moi" entourée de mes proches, de ma famille et de mes amis de toujours, j'avais l'impression d'étouffer. Mon monde était trop petit, mes amis ne me correspondaient plus, ma famille ne me comprenait pas. J'avais besoin d'évasion, de cette sensation indéfinissable au ventre quand on recommence sa vie dans un pays nouveau, avec des amis nouveaux, et une vie nouvelle. Cette excitation de découvrir de nouveaux endroits, avec un rythme inconnu.


Je faisais de mon mieux, mais ce n'était pas assez, et ça ne fonctionnait pas.

Autour de moi, j'avais l'impression que les gens me prenaient pour une folle. Et surtout, qu'ils s'impatientaient.

Je me rappelle encore un de mes amis qui m'a dit un jour "Alors, c'est bon, tu as fini ta petite crise?".

Il m'aura fallu 2 ans pour que quelqu'un, une psy, me dise que dans ma situation, ce que je ressentais était courant. Ca avait même un nom: le choc culturel inversé. C'est la difficulté rencontrée par un expat ou quelqu'un qui est parti loin de son pays pendant un certain temps, à se réadapter à sa propre culture.

Ca semble un peu fou, et pourtant. Les quelques amis qui avaient vécu l'expérience du voyage longue durée avaient presque tous ressenti cette difficulté. Mais comme j'avais honte de l'exprimer, je n'ai fait le lien que trop tard.

Tout a commencé à faire sens.


Environ 1 an après mon retour en Belgique, ma vie a explosé. J'ai "perdu" sur 2 mois de temps tout ce que je possédais: le mec, le job, la voiture, le salaire et le chien. J'ai récupéré mon chat, et je suis retournée vivre chez mes parents.

Aujourd'hui, quand je regarde en arrière, je me dis que c'est le plus beau cadeau que la vie m'ait faite. Mais il m'a fallu du temps pour le voir.


C'est à ce moment-là que j'ai commencé à m'intéresser d'encore plus près au développement personnel. J'ai trouvé une formation de coaching, et c'est ce qui marque le début de ma nouvelle vie. Tout doucement.


A force de livres, de conférences, de formations, de webinaires et autres podcasts, de manière acharnée pendant les 3 dernières années, j'ai compris plein de choses.

Que ma vie est mienne et que je suis responsable de ce que j'en fais.

Que la vie est plus douce quand on s'entoure des bonnes personnes.

Que c'est bien finalement d'être différente, mais que je dois surtout commencer par accepter qui je suis sans condition.

Qu'il y a un chemin qui me convient mieux que d'autres, et que c'est à moi de le dessiner.


Aujourd'hui j'ai créé une vie différente, sur mesure. J'ai quitté les grosses boîtes, les jobs temps plein qui en sont réellement deux, les processus lourds comme des mammouths, parce que j'ai enfin compris que ça ne me correspondait pas.

Je continue de voyager, à ma manière et à mon rythme. Je me suis posée en Belgique, et je repars souvent. J'ai créé de nouveaux liens.

Je suis retournée notamment à mes premières amours de psychologie et j'ai sauté le pas de faire ce que j'aime: aider les gens qui sont dans la même situation que j'ai vécue, qui se battent avec un sentiment de non-appartenance, de différence qu'ils ne savent pas (encore!) comment gérer.


C'est comme ça que j'ai décidé de me spécialiser entre autres dans le coaching de voyageurs. Parce qu'on ne doit pas toujours traverser tous les obstacles de la vie tout seul. Et parce que ça m'aurait tellement aidé de pouvoir parler de mes difficultés à quelqu'un qui me comprenne et qui puisse faire émerger les réponses que je n'osais pas exprimer.

Et si je peux permettre à quelques personnes de vivre leur passion du voyage sans tous les tourments qui vont souvent avec, en ne gardant que la joie de la découverte, la légèreté et l'apprentissage, alors j'ai réussi ma mission...


Si tu veux en savoir plus, c'est par ici...


Et toi, tu as envie de me partager ton histoire? Ca te parle tout ce que je t'ai raconté? Envoie-moi un petit mail ou un commentaire.


Et entre temps, prends soin de toi, de ton corps, ton coeur, et ton âme...